Oui, le repos fait partie intégrante d’une cure ayurvédique. Une cure n’est pas seulement une succession de traitements ayurvédiques. Le corps doit pouvoir assimiler les soins, digérer, dormir et retrouver un rythme plus naturel. C’est pourquoi une journée de cure peut sembler étonnamment vide à quelqu’un qui a l’habitude de voyager en remplissant son programme. Ne pas visiter, ne pas courir, ne pas chercher constamment à faire quelque chose n’est pas du temps perdu. Dans la logique de l’Ayurveda, ce ralentissement crée justement les conditions nécessaires au travail du corps.
Nous avons parfois du mal à ne rien faire
Lorsque l’on part en voyage, nous avons souvent envie d’en profiter au maximum.
On visite, on marche, on découvre, on photographie, on mange, on rencontre… Et même lorsque nous partons pour une cure ayurvédique, cette habitude peut rester présente.
On imagine facilement une journée composée de soins ayurvédiques le matin, puis d’une excursion l’après-midi, d’un restaurant le soir et d’une nouvelle visite le lendemain.
Mais une cure fonctionne autrement.
Les journées sont généralement organisées autour de la consultation médicale, des soins ayurvédiques, des repas, du repos et du sommeil. Selon le centre et le programme, le yoga, la méditation ou certaines pratiques complémentaires peuvent également avoir leur place.
Le temps libre n’est donc pas nécessairement destiné à être rempli.
Il est destiné à être vécu autrement.
Pourquoi le repos est-il si important pendant une cure ayurvédique ?
Les traitements ayurvédiques peuvent être profonds et parfois assez exigeants pour l’organisme.
Abhyanga, soins localisés, applications d’huiles, traitements spécifiques, éventuellement certaines étapes d’un Panchakarma : le corps reçoit une succession de stimulations auxquelles il doit répondre.
Après un soin, le repos permet simplement de laisser du temps à cette expérience.
C’est également pour cette raison que les journées d’une cure ayurvédique en Inde ou au Sri Lanka peuvent paraître beaucoup moins remplies qu’un programme touristique classique.
Le but n’est pas de faire le plus de choses possible.
Le but est de donner au corps et à l’esprit suffisamment d’espace pour ralentir.
Et le mental dans tout cela ?
C’est probablement la partie la plus difficile à expliquer.
Lorsque l’on cesse de courir d’un endroit à l’autre, il reste… du silence.
Et ce silence peut être déstabilisant.
Nous sommes habitués aux notifications, aux informations, aux conversations, aux déplacements et aux sollicitations permanentes. Dans un centre ayurvédique, on découvre parfois qu’une journée sans programme peut être étonnamment riche.
Lire quelques pages. Dormir. Regarder la pluie. Marcher tranquillement dans le jardin. Ne rien faire.
Cela peut sembler très peu. Et pourtant, pour quelqu’un qui arrive épuisé ou simplement saturé par son rythme habituel, c’est parfois exactement ce dont il avait besoin.
C’est aussi pour cette raison que je conseille souvent de séparer les deux expériences.
Si vous souhaitez découvrir le Kerala, le Sri Lanka ou l’Inde, faites-le. Mais prévoyez du temps pour voyager en dehors de la cure. Pendant la cure, acceptez de ne pas tout voir.
Vous n’êtes pas en train de manquer le pays. Vous êtes simplement en train de vivre autre chose. Une cure ayurvédique est une période pendant laquelle l’attention se déplace de l’extérieur vers l’intérieur. Et parfois, le plus beau voyage commence précisément lorsqu’on accepte de ne plus courir.
C’est une des choses que j’explique le plus souvent aux personnes qui préparent leur premier séjour ayurvédique. Elles ont parfois peur de « s’ennuyer ».
Puis, après quelques jours, elles découvrent qu’elles avaient surtout oublié ce que signifie avoir du temps. Et c’est souvent à ce moment-là que la cure commence réellement à être vécue.


